mardi 5 décembre 2017

LE RHONE LIVRE UNE STATUE DU DIEU PAN


La fouille stratigraphique patiemment menée au fond du Rhône dans la zone de déversement d’un groupe statuaire où fut découvert le portrait de César, a livré encore cette année de nouveaux éléments de sculptures. Il s’agit notamment d’un fragment de cuisse en marbre, au pelage poilu, qui se rapporte au dieu Pan, divinité de la nature, protectrice des bergers. On distingue les pattes et la tête d'une peau de chèvre qui pendent sur sa hanche. D’autres morceaux de marbre laissent penser à un groupe de plusieurs personnages.

Le fragment de statue de Pan découvert au voisinage d'amphores du IVème siècle de notre ère ® Pierre Blanchard 2asm

Dessin du fragment de marbre et premières hypothèses, carnet de fouille 2017 ® Luc Long DRASSM


Dessin de reconstitution d'un groupe statuaire avec Pan, carnet de fouille 2017 ® Luc Long DRASSM

samedi 18 novembre 2017

UNE NOUVELLE CALIGA ROMAINE SORTIE DU RHONE


Admirablement ciselée et très bien conservée, une nouvelle sandale romaine en cuir vient d’être retrouvée lors de la fouille du Rhône 2017. Collée à un fond d’amphore par le concrétionnement des clous en fer de son épaisse semelle, cette caliga a été ainsi protégée de l’action du fleuve durant 2000 ans et a pu garder son volume et sa forme. Actuellement en traitement au laboratoire Arc-Nucléart de Grenoble, elle va bientôt compléter la collection du musée départemental antique d’Arles, issue du Rhône, comme c’est le cas d'une autre très belle chaussure militaire de type calceus, découverte en 2014 en stratigraphie par l'équipe DRASSM-2ASM.

Sandale en cuir romaine découverte en 2017 ® Luc Long (DRASSM)

Vue de face de la caliga issue du Rhône en 2017 ® Luc Long (DRASSM)




Chaussure découverte dès 2014 par l'équipe de fouille 2ASM ® Luc Long (DRASSM)

mercredi 8 novembre 2017

LE PONT DE BATEAUX MEDIEVAL

Repéré dans le Rhône dès 2016, un monument méconnu d’Arles se dresse sur plusieurs assises, par 8 m de fond, en rive droite. Il s'agit d'une grande pile maçonnée en pierres à bossage, avec marques de tâcheron, au débouché de la rue Léon Blum. Sise à 30 m dans le prolongement d’une arcade encore visible dans le quai actuel, c'est sur cette troisième arche en forme d'avant-bec que devait s'amarrer le pont de bateaux médiéval. Après analyse dendrochronologique, un élément du batardeau en bois encore en place date cet ensemble monumental des premières décennies du XIIIème siècle.   


Vue des pierres à bossage de la dernière assise ® Pierre Blanchard 2ASM
Plusieurs assises superposées sont visibles avec des marques de tacherons ® Pierre Blanchard 2ASM

Eléments du batardeau utilisé pour assécher la zone, au pied de l'édifice ® Pierre Blanchard 2ASM


Reconstitution hypothétique du pont de bateaux médiéval au vu des éléments en place ® Luc Long DRASSM


mardi 31 octobre 2017

LES PETITS TRESORS ARCHEOLOGIQUES DU RHONE

Des bijoux, des fibules, des épingles, des objets de la vie quotidienne, des lampes décorées de scènes diverses : fauconnerie et cynégétique, combats de gladiateurs, guirlande végétale, scènes érotiques et silènes ithyphalliques... Le Rhône est un livre ouvert sur les images de la vie quotidienne à Arles, à l'époque romaine. Mis en émulsion sous l'action de la fouille, le sédiment limoneux libère chaque jour toute une série de petits trésors archéologiques qui enrichissent notre connaissance sur la vie et les objets du passé.


Le décor des lampes à huile prenait toute sa mesure dans la luminosité dorée et vacillante qui émanait de cet objet magique ® 2ASM, Luc Long (DRASSM)

Poignard, épingle, fibule, bague de mariage, boucle d'oreille... Voici les trésors rhodaniens d'un instrumentum parfaitement bien conservé  ® 2ASM, Luc Long (DRASSM)

vendredi 27 octobre 2017

LES COLONNES DU PONT DE BATEAUX ANTIQUE ?


Par 17 m de fond, les plongeurs de l’équipe de Luc Long (DRASSM) viennent de découvrir dans le Rhône deux grandes colonnes de 4 m de long et 55 cm de diamètre, en rive droite. Sises à 6 m l’une de l’autre, à 80 m du bord, à l’extrémité des vestiges maçonnés du pont de bateaux romain, ces deux colonnes monumentales, en granit de Mysie, devaient décorer l’arc de triomphe sur lequel s’appuyaient les navires. C’est ce que laisse penser la représentation de l'ouvrage sur la mosaïque de la place des corporations d’Ostie, associée aux naviculaires marins d’Arles.


Découverte de deux grandes colonnes en granit dans le Rhône par l'équipe de Luc Long  ®  2ASM, Pierre Blanchard

Vue de la base de l'une des deux colonnes partiellement ensablée ® 2ASM, Pierre Blanchard

L'un des deux arcs triomphaux du pont de bateaux arlésien sur la mosaïque d'Ostie ® 2ASM, Jean Grillon 


Extrémité d'une des deux colonnes du Rhône (4 m de long, 55 cm de diamètre) ® 2ASM, Pierre Blanchard