jeudi 19 octobre 2017

UN ETONNANT FRAGMENT DE BALUSTRE ROMAINE


Un très rare élément de balustre romaine, en pierre, sculpté de croisillons avec une décoration de rivets, a été recensé dans le Rhône par Luc Long et son équipe. Ce fragment de claustra ou lattis faisait partie d'une cloison décorative matérialisant dans une villa du IIème ou du IIIème siècle les limites du jardin et de ses plantations. Mais elle pouvait également marquer l’enclos d’une mausolée. Ce type d'élément était jusque-là essentiellement connu sur les peintures murales.

Fragment de balustre romaine en croix de Saint-André trouvé dans le Rhône © Luc Long DRASSM 2ASM

Reconstitution de la balustre d'après le fragment découvert dans le fleuve © Luc Long DRASSM 2ASM

dimanche 8 octobre 2017

Deux ancres antiques exceptionnelles repérées dans le Rhône


Repérée en 2016, une première ancre en fer forgée mesurant 1,30 m de haut, a été découverte dans le Rhône à Arles, par 12 mètres de fond. Elle illustre la navigation toujours active sur le fleuve par des bateaux maritimes, à la fin du IVème siècle après J.-C., et rappelle les ancres de l’épave Dramont F (Var). Mais une deuxième ancre vient d’être repérée cette année. Il s’agit cette fois d’une ancre en bois à une seule patte, appelée ancre de jusant ou de touage, qui permettait de se hisser en rive. Haute de 1,45 m, elle est dotée d’une pièce d’assemblage en plomb et d’un collier pour le passage du jas. Ces deux objets exceptionnels, illustrent un aspect de la navigation antique très mal connu et complèteront la vitrine du musée d’Arles dédiée aux fouilles du Rhône.

Ancre en fer, fin IVes.ap.J.-C.© Luc Long
Photogrammétrie d'un ancre en bois du Ive s. ap. J.--C.©Laurent Masselin

lundi 17 avril 2017

UN VASE A l'EFFIGIE DU DIEU PAN


L'étude d'un vase en bronze découvert en 2016 dans le Rhône est en cours. Précieux témoin de la richesse de la vaisselle de table romaine de type pompéien, cette œnochée de 16 cm de haut présente une forme qui descend de lointains vases en bronze étrusques du VIème siècle avant J.-C. Son intérêt réside dans le relief d'applique situé à l’attache de l’anse qui représente le dieu Pan. Ce pichet a verser le vin vient compléter la quinzaine de vases du même type déjà découverts qui illustrent la banquet.
A ce sujet ne pas manquer à Marseille, musée d'archéologie Méditerranéenne, Vieille Charité, l'exposition Le banquet de Marseille à Rome.

© LucLong, DRASSM, 2ASM

vendredi 11 novembre 2016

UNE EPAVE ET LE CORPS EN MORCEAUX DE NEPTUNE

En 2016, les baisses budgétaires ont contraint à renoncer au navire « Brézéhan » pour une goélette de 20 m de long, le « Liberty III ». Utilisé pour la campagne de Camargue, ce navire aux allures de galion des Caraïbes devait retrouver l’équipe de fouille sur le Rhône, à Arles, dès septembre. Sans pour autant croire à la malédiction des épaves, on pourrait penser que Neptune en a décidé autrement car le grand voilier a coulé entretemps par 20 m de fond en rade de Marseille. Les fouilles se sont donc poursuivies dans le fleuve avec de petites unités (zodiac et barges) malgré ces conditions une campagne exceptionnelle devait mettre au jour le fragment d'une statue qui n'est autre que la jambe en marbre de Neptune découvert en morceaux en 2007. Restauré en 2009 avec une jambe en moins, cette découverte vient compléter le puzzle et rappelle un mythe osirien relaté par Plutarque. A l'instar d'Osiris, au corps découpé en 14 morceaux dispersés dans le Nil dont Isis ne retrouvera jamais le sexe avalé par un poisson oxyrhynque, l'équipe est convaincue de la découverte prochaine des autres fragments probablement enfouis dans le stratigraphie explorée cette année... à l'exception sans doute du sexe laissé à l'appétit d'un silure géant.

© Dessins Luc Long, Neptune à figures rouge et Papyrus à la jambe d'Osiris
© Photos Fabrice Dudenhofer, Le Lierty III englouti par les eaux

dimanche 2 octobre 2016

DU PLOMB D'ESPAGNE EN LINGOTS ET DU FER GAULOIS DANS DES TONNEAUX

Cette année la campagne menée en Camargue par Luc Long (DRASSM) et son équipe (2ASM), révèle deux nouvelles épaves antiques au large des Saintes-Maries-de-la-Mer. Après les blocs de marbre de l’épave SM39, les expertises viennent de porter sur un gisement de lingots de plomb sans doute ibériques (épave SM35). Elles se sont poursuivies sur une étonnante épave chargée de tonneaux emplis de lopins de fer (épave SM41), datés du Ier siècle après J.-C. Si le tonneau était déjà utilisé à cette époque pour conditionner des lingots de fer, on peut imaginer qu’il servait alors aussi au transport du vin. Il serait en effet étonnant que les Romains aient attendu encore un siècle avant de l’utiliser dans la viticulture (il était généralement admis jusque-là que ce conteneur en bois ne remplace les amphores qu’à partir du IIème siècle).


Deux lingots de plomb ibériques de l’épave SM35 avec une inscription sur le dos (photo/vidéo Pascal Laforest/2ASM)
Un lingot de plomb de SM35 numéroté in situ (photo Pascal Laforest/2ASM)
Tonneau, on voit apparaître le couvercle et les douelles du tonneau en fragmentant la concrétion qui le recouvre intégralement
(photo Luc Long/DRASSM)
Représentation d’un tonneau de l’épave SM41. Dessin du cahier de fouille (Luc Long/DRASSM)

mercredi 31 août 2016

Découverte rare aux Saintes-Maries-de-la-mer : des Roues de Métagénes

L’étude d’une épave chargée de blocs de marbre (l’épave SM39), découverte à près de 20 m de fond, au large des Saintes-Maries-de-la-Mer par Pascal Chabaud, un plongeur du grau-du-Roi habitué aux eaux troubles de Camargue, livre un trésor archéologique inestimable à Luc Long et son équipe (DRASSM-2ASM). Il s’agit de plusieurs bandages de roue en fer, d’environ 1,60 m de diamètre, aujourd’hui concrétionnés, chargées avec le marbre sur le navire. Ils se rapportent sans doute aux fameuses « Roues de Métagénes », dont parle Vitruve dans son encyclopédie sur l’architecture. Ce système, inventé à l’origine par l’architecte grec Métagénes, lors de la construction du temple d’Artémis d’Éphèse, permettait à un bloc de marbre rectangulaire enchâssé dans deux grandes roues en bois de tourner sur lui même, facilitant ainsi considérablement son transport jusqu’au chantier de construction. En l’occurrence, il s’agit là de l’unique témoignage de ce système encore utilisé à Rome, du temps de Vitruve. 

Vues rapprochées de ces roues par une fort mauvaise visibilité (photo Giorgio Spada)    
Vues rapprochées de ces roues par une fort mauvaise visibilité (photo Giorgio Spada)    
Dessins du carnet de fouille de Luc Long illustrant le système des roues de Métagénes    
Dessins du carnet de fouille de Luc Long illustrant le système des roues de Métagénes à la manière des peintures de vases grecs du milieu du VIème siècle avant J.-C.